Edgar Allan Poe – Double assassinat rue Morgue

Je me suis inscrit à la bibliothèque du village. Cela fait bientôt dix ans que je connais cet endroit, mais je n’y avais jamais mis les pieds ; sans doute en raison de préjugés stupides sur le catalogue des ouvrages et les ambitions du lieu.

Tout arrive finalement et c’était l’occasion de faire connaître mes recueils à la charmante bibliothécaire. Ainsi donc, passées les formalités d’usage, je suis ressorti de l’endroit deux livres à la main, dont un recueil de nouvelles d’Edgar Allan Poe. Dois-je préciser que depuis le Scarabée d’or, que j’ai lu au collège, et quelques poésies glanées dans des recueils généralistes, je ne me suis pas attardé sur le cas de cet auteur de référence.

Pourquoi ? Je n’en ai foutrement aucune idée. Par trop en entendre parler du mythique auteur à la moustache ou la crainte d’être déçu en définitive je dois bien reconnaître que je me suis contenté d’accepter que Edgar Allan Poe est l’un des auteurs favoris de nombre de poètes français, Baudelaire en tête et du vénérable Howard Philip Lovecraft.

J’employais dans le paragraphe précédent le terme « foutrement » qui m’a été refusé en relecture de la traduction du mot « fucking » dans le roman de D.E. Lucas. C’est révoltant, vous ne trouvez pas ? Non, bon tant pis.

FOUTREMENT.

Il est foutrement doué le père Poe. Avec sa nouvelle Double assassinat rue Morgue, il nous transporte à son gré depuis la théorie des jeux, la différenciation de la logique et de l’intuition puis la description d’un Paris imaginé (il n’y a jamais été pourtant il décrit les rues, le paysage et les habitants comme s’il y était né) et pour finir une leçon de zoo-criminologie.

Edgar Allan Poe

Ch’père Poe

Maître du sordide, de l’épouvante et de l’humour noir, Poe ne gâche pas son plaisir en s’attardant volontiers sur les descriptions des cadavres mutilés de manière brutale et absurde ou sur des aspects narratifs insensés prenant la place du discours principal et brouillant les pistes de la compréhension du texte. Cette phrase ne veut foutrement rien dire.

Il nous transporte dans un univers sombre bien que mélancolique décrit avec méthode, cette fantastique méthode qui veut que tout élément narratif aussi anodin soit-il serve le but final du texte.

J’ai été charmé par le style, l’empreinte devrais-je écrire, de l’auteur. Il est temps que je rende ce livre à la bibliothèque accompagné d’une autre découverte : Eloge des forêts depuis la vitre d’un wagon de Richard Dalla Rosa. J’ai misé sur ce recueil de poèmes uniquement à cause du titre. Après lecture, je ne saurais trop le conseiller aux amoureux des belles lettres.

Foutrement.

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