{"id":188,"date":"2004-11-12T11:03:31","date_gmt":"2004-11-12T10:03:31","guid":{"rendered":"http:\/\/sainthuitre.free.fr\/wordpress\/?p=188"},"modified":"2024-03-30T15:21:36","modified_gmt":"2024-03-30T14:21:36","slug":"confession-12112004","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/2004\/11\/12\/confession-12112004\/","title":{"rendered":"Confession 12112004"},"content":{"rendered":"<p>Mademoiselle A. arborait un sourire furieusement d\u00e9licat,<br \/>\nelle aimait la bi\u00e8re presque autant que moi, pourtant elle<br \/>\nn&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 dedans, qu&rsquo;une enfant, et de dehors la plus belle<br \/>\ndes femmes.<br \/>\nIl y avait alors mademoiselle B.<br \/>\nSemant un regard noir, elle attendait en vain qu&rsquo;on la d\u00e9sire<br \/>\npensais-je.<br \/>\nAi-je eu un jour raison \u00e0 ce sujet ?<br \/>\nMademoiselle C. \u00e9tait \u00e0 la fois toutes et aucune, son souvenir<br \/>\nest troubl\u00e9 par la multitude des pr\u00e9tendantes, mademoiselle C. \u00e9tait<br \/>\nune belle \u00e0 un moment o\u00f9 mes yeux \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 se livrer \u00e0 elle.<br \/>\nDe l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre, mademoiselle D. est certainement celle gr\u00e2ce \u00e0 qui<br \/>\nj&rsquo;ai le plus appris, sur les beaut\u00e9s du corps et de l&rsquo;esprit.<br \/>\nOn eut appris tant et tant de cette belle qu&rsquo;on pourrait m&rsquo;en vouloir<br \/>\nmaintenant de l&rsquo;avoir perdu de vue.<br \/>\nMademoiselle E. est comme le feu, dangereuse et fragile, douloureuse<br \/>\nquand le regard s&rsquo;y arr\u00eate, et d\u00e9licieuse quand il lui prend la piti\u00e9<br \/>\nd&rsquo;entamer le dialogue avec ceux et celles qu&rsquo;elle \u00e9craserait bien<br \/>\nvolontier si elle s&rsquo;en sentait la capacit\u00e9.<br \/>\nD&rsquo;autres eurent oubli\u00e9 mademoiselle F. et son sourire, son intol\u00e9rable<br \/>\namour de la vie, des enfants, des amis, qui la rendent si sympathique.<br \/>\nC&rsquo;est une qualit\u00e9 chez les amies des amies, et un d\u00e9faut pour les<br \/>\nsex-symbols, je n&rsquo;aime pas les sex-symbols.<br \/>\nMademoiselle G est un ange, que trop facilement je voulus oublier<br \/>\nj&rsquo;avais peur, j&rsquo;\u00e9tais jeune, c&rsquo;est tout.<br \/>\nMademoiselle H. fut la premi\u00e8re je crois bien, mais comprenons-nous,<br \/>\nla premi\u00e8re \u00e0 me reconna\u00eetre, plut\u00f4t que le contraire, j&rsquo;avoue que<br \/>\nde l&rsquo;aimer n&rsquo;avait jamais \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 de mon saint esprit tortur\u00e9.<br \/>\nMademoiselle I. ?<br \/>\nMademoiselle J. est un coeur, des yeux terribles, un corps, un sourire.<br \/>\nElle est peut \u00eatre m\u00eame le premier fantasme de presque adulte. Moi, je<br \/>\nme souviens de cette douleur dans le bas ventre quand je riais contre<br \/>\nson \u00e9paule, et qu&rsquo;elle d\u00e9posait sur mon front le baiser d&rsquo;une m\u00e8re \u00e0 son<br \/>\namant.<br \/>\nOh&#8230; mademoiselle K. et ces longues soir\u00e9es d&rsquo;\u00e9t\u00e9, vos amants, par<br \/>\nailleurs mes amis, souvent les m\u00eames, nous qui \u00e9changions des regards,<br \/>\nvotre plaisir, mon admiration, votre orgasme, mon admiration, votre repos<br \/>\ndans nos bras, mon admiration.<br \/>\nMademoiselle L. \u00e9tait de son exterieure diff\u00e9rence, un mirage, un petit<br \/>\nbonheur, et un drame, que mon adolescence naissante a transform\u00e9 en<br \/>\ncauchemar. Ainsi elle m&rsquo;apprit qu&rsquo;on ne touche pas&#8230; aux muses. Quand<br \/>\nses yeux se fermaient sur ma respiration devenue difficile, ce n&rsquo;\u00e9tait<br \/>\nque de la confiance, pas de l&rsquo;amour, mon petit gar\u00e7on.<br \/>\nMademoiselle M. fut \u00e0 l&rsquo;origine du drame de mon \u00e9criture, de la folie de<br \/>\nma peinture, de l&rsquo;acharnement \u00e0 trouver le trait juste, elle fut le point<br \/>\nde d\u00e9part de l&rsquo;errance. Il fallut l&rsquo;aimer avec un autre, il fallut la ch\u00e9rir<br \/>\net ch\u00e9rir son g\u00e9nie. Tout lui fut accorder, le moindre sacrifice, une vie<br \/>\nenti\u00e8re s&rsquo;il le fallut. Par amour, non, par passion, d\u00e9vorante, destructrice.<br \/>\nJoli paradoxe, Mademoiselle N. parlait des femmes comme je connais les<br \/>\nhommes, en y int\u00e9grant la po\u00e9sie et la rigueur d&rsquo;une femme parlant d&rsquo;une<br \/>\nfemme. Nous discutions d&rsquo;amour, comprenons-nous, de sexe, comme d&rsquo;aucun<br \/>\nparlerait du temps qu&rsquo;il fait. Et c&rsquo;\u00e9tait bien.<br \/>\nMademoiselle O. est une amante des nuits solitaires, un fant\u00f4me qu&rsquo;on invoque<br \/>\nautour de quelques bougies, d&rsquo;un verre de bon vin, et de quelques souvenirs<br \/>\ndoux d\u00e9licieux d\u00e9licats, on la caresse des yeux. Et on la rend le lendemain<br \/>\naux larmes de son meilleur ami.<br \/>\nParfois Mademoiselle P. \u00e9tait extravagante, comme ses charmes peuvent<br \/>\nl&rsquo;exiger d&rsquo;elle, souvent elle riait en nous embrassant d&rsquo;un regard joueur<br \/>\non eut m\u00eame droit \u00e0 une caresse, en \u00e9change d&rsquo;un compliment. Ceux qui<br \/>\npensaient trop fort qu&rsquo;elle eut \u00e9t\u00e9 une fille facile, ne finissaient pas<br \/>\nla journ\u00e9e en jouissant de toutes leurs fonctions.<br \/>\nMademoiselle Q. Mademoiselle Q ???<br \/>\nCelle-ci, mademoiselle R. a toujours \u00e9t\u00e9 un myst\u00e8re, elle donnait du sein,<br \/>\npour ne pas dire du coeur, \u00e0 quiconque l&rsquo;aimait, penchait corps et \u00e2me<br \/>\npour offrir de ses charmes g\u00e9n\u00e9reux. Mademoiselle R. vivait, selon moi,<br \/>\ndans le bus.<br \/>\nMademoiselle S. me comblait de sentiments forts. Tant\u00f4t le plaisir, tant\u00f4t<br \/>\nle d\u00e9sir, elle harmonisait le tout de larmes charmantes, de na\u00efvet\u00e9<br \/>\ntout \u00e0 fait d\u00e9licieuse. On la croisait alors sur des plateaux de tournage<br \/>\nelle y d\u00e9filait, mi-nue, pour une p\u00e9cadille, et aux autres de la d\u00e9truire<br \/>\nparcequ&rsquo;elle \u00e9tait la plus jolie, et s\u00fbrement aussi parcequ&rsquo;elle d\u00e9tournait<br \/>\nles t\u00eates de tous, hommes, femmes, vieillards et \u00e9rudits assexu\u00e9s. Je<br \/>\nl&rsquo;aurais prot\u00e9g\u00e9 malgr\u00e9 moi, ch\u00e9tif adolescent de l&rsquo;\u00e9poque, je l&rsquo;aurais<br \/>\nsuivi jusque dans l&rsquo;enfer de Dante si elle m&rsquo;avait rappel\u00e9.<br \/>\nMademoiselle T. \u00e9tait d&rsquo;entre toutes la plus timide, la voix fluette, on<br \/>\nne lui demandait pas assez de parler, pr\u00e9f\u00e9rant de loin quand elle posait<br \/>\nsur le sol, le v\u00eatement et la dignit\u00e9. Je ne l&rsquo;ai pas connu bien longtemps<br \/>\nmais derri\u00e8re ses yeux de cristal, je per\u00e7us qu&rsquo;elle n&rsquo;agissait que par<br \/>\nenvie, et cela me suffit \u00e0 poursuivre ma route.<br \/>\nJe ne connaissais pas, alors, de mademoiselle U. Ce fut une grande tristesse.<br \/>\nMademoiselle V. \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 femme quand je n&rsquo;\u00e9tais que petit enfant. Croyez<br \/>\nmoi ou non, mais les petits enfants aussi, ont des muses. Ne dessine-t-on<br \/>\npas pour sa maman les plus jolis des dessins ? Moi, je dessinais pour<br \/>\nmademoiselle V. et ses bisous sur la joue.<br \/>\nConnaissez-vous Mademoiselle W. ? Elle avait une sainte passion pour les<br \/>\ns\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, vous r\u00e9cite des \u00e9pisodes entiers avec le talent d&rsquo;une<br \/>\nacad\u00e9micienne. Elle vous souriait quand vous lui posiez des questions \u00e0 ce<br \/>\nsujet et parfois m\u00eame, elle vous invitait chez elle, o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de<br \/>\nt\u00e9l\u00e9vision.<br \/>\nMademoiselle X. vous connait. Observez bien, c&rsquo;esst celle qui vous rend<br \/>\nheureux quand vous la croisez dans la rue pour la premi\u00e8re fois.<br \/>\nJe n&rsquo;ai vu qu&rsquo;une fois mademoiselle Y. dans une soir\u00e9e, elle y dansait<br \/>\nseule, yeux ferm\u00e9s, et heurtait parfois les autres, ne se confondait pas<br \/>\nen excuses, bien au contraire, elle vivait et jouissait de sa libert\u00e9.<br \/>\nMademoiselle Z. mit fin \u00e0 cette confession.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mademoiselle A. arborait un sourire furieusement d\u00e9licat, elle aimait la bi\u00e8re presque autant que moi, pourtant elle n&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 dedans, qu&rsquo;une enfant, et de dehors la plus belle des femmes. Il y avait alors mademoiselle B. Semant un regard noir, elle attendait en vain qu&rsquo;on la d\u00e9sire pensais-je. 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