{"id":2318,"date":"2015-05-30T18:15:35","date_gmt":"2015-05-30T16:15:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sainthuitre.net\/wordpress\/?p=2318"},"modified":"2017-01-14T15:24:27","modified_gmt":"2017-01-14T14:24:27","slug":"paf-may-session-06-leonard-cohen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/2015\/05\/30\/paf-may-session-06-leonard-cohen\/","title":{"rendered":"PAF May session 06 &#8211; L\u00e9onard Cohen"},"content":{"rendered":"<p>La journ\u00e9e d&rsquo;hier a marqu\u00e9 le d\u00e9but de ma reprise d&rsquo;activit\u00e9 pour PAF. Une question de gestion des stocks pour les r\u00e9sidents \u00e0 long terme est pos\u00e9e sur le principe simple de : o\u00f9 et comment stocker le effets personnels des r\u00e9sidents lorsqu&rsquo;ils sont en d\u00e9placement (en tourn\u00e9e par exemple) ? Il faut cr\u00e9er des espaces de stockage s\u00e9curis\u00e9s. Et autant que possible, il est pr\u00e9f\u00e9rable que \u00e7a ne co\u00fbte pas trop cher. Certaines conditions ne changent pas avec les ann\u00e9es !<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, je continue de travailler activement sur mon troisi\u00e8me livre. Je cherche un titre. J&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0Neumatique des anges\u00a0\u00bb qui est d&rsquo;ailleurs le titre d&rsquo;un de mes textes en acc\u00e8s libre. Le probl\u00e8me c&rsquo;est que ce titre n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le contenu. Rien de bien grave.<\/p>\n<p>Ce matin, je savais que la journ\u00e9e serait exaltante. Tout d&rsquo;abord parce que j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 choisi ma lecture du jour, et ensuite parce que j&rsquo;avais toute la latitude n\u00e9cessaire pour m&rsquo;exprimer sur le sujet et son auteur. J&rsquo;ai donc relu &#8211; mais je n&rsquo;ai pas encore termin\u00e9 &#8211; l&rsquo;excellentissime <em>Les perdants magnifiques<\/em> de L\u00e9onard Cohen.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai depuis longtemps d\u00e9velopp\u00e9 une fascination pour le chanteur, son allure, sa voix et cette esp\u00e8ce de charisme inimitable qui le caract\u00e9rise. J&rsquo;ai aussi le sentiment de ne jamais l&rsquo;avoir connu autrement que vieux. Ce n&rsquo;est pas tr\u00e8s gentil, mais j&rsquo;avoue que pour moi il a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e2g\u00e9. Il a 80 ans cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Cohen est donc chanteur. Il est aussi po\u00e8te et \u00e9crivain. Dans <em>Les perdants magnifiques, <\/em>on accompagne le narrateur dans une sorte d&rsquo;introspection mystique, plut\u00f4t barr\u00e9e. Le contexte est simple : il a une femme et un ami. Madame se suicide en se laissant \u00e9craser par l&rsquo;ascenseur qui donne acc\u00e8s au foyer conjugal, et le bon copain meurt d&rsquo;une maladie sexuellement transmissible (ou quelque chose du genre). Alors oui, on peut dire que \u00e7a commence bien.<\/p>\n<p>Son m\u00e9tier est aussi sa passion : il \u00e9tudie la seule tribu am\u00e9rindienne \u00e0 n&rsquo;avoir jamais gagn\u00e9 de guerres de territoire et dont il ne reste qu&rsquo;une dizaine de membres en vie. En l&rsquo;occurrence, il v\u00e9n\u00e8re litt\u00e9ralement Sainte Catherine Tekakwitha. Une indig\u00e8ne canonis\u00e9e au titre de sa d\u00e9votion \u00e0 la foi chr\u00e9tienne dont la vie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un long martyr. Mais enfin me direz-vous, quelle id\u00e9e d&rsquo;\u00e9crire des horreurs pareilles ? Encore que chacun \u00e9crit ce qu&rsquo;il veut. Moi aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai ajout\u00e9 quelques paragraphes \u00e0 un de mes textes. Un question-r\u00e9ponse notamment dont je suis assez fier : \u00ab\u00a0qu&rsquo;est ce qui vous caract\u00e9rise le mieux ? La couleur de mon slip\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On peut donc \u00e9crire ce qu&rsquo;on veut. On est pas oblig\u00e9 de le lire. Pourquoi, de fait, suis-je si attir\u00e9 par la lecture de ce roman ? Et bien c&rsquo;est une longue histoire. Tout d&rsquo;abord j&rsquo;ai d\u00e9couvert ce livre par hasard lors de l&rsquo;exposition Beautiful losers qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e pendant Lille 2004 au Tri Postal. A cette m\u00eame exposition j&rsquo;ai d\u00e9couvert le travail de photographie de Larry Clark \u00e9galement. Exceptionnel.<\/p>\n<p>Ensuite, j&rsquo;ai entam\u00e9 la lecture du bouquin et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 happ\u00e9 par le rythme de la narration. Les monologues et les dialogues se succ\u00e8dent rapidement. On entre dans l&rsquo;histoire comme dans ses pantoufles. La narration est fragment\u00e9e. C&rsquo;est \u00e0 dire que d&rsquo;un paragraphe \u00e0 l&rsquo;autre le sujet change sans transition. On passe de la sainte indienne au fant\u00f4me de sa femme, puis \u00e0 une anecdote sur la lubricit\u00e9 de son meilleur ami, et on revient brutalement dans une introspection sur la nature \u00e9rotique de Catherine Tekakwitha. Wouah.<\/p>\n<p>Le parti pris est assum\u00e9. Il y a dans ce mode d&rsquo;\u00e9criture un moyen d&rsquo;exprimer en plus du contenu de la narration, la dimension psychologique du narrateur qui est en train de devenir compl\u00e8tement fou.<\/p>\n<p>Plus on avance dans le livre et plus les \u00e9l\u00e9ments se m\u00e9langent et se court-circuitent. Il confond sa femme et la sainte, son meilleur ami prend les traits d&rsquo;un surhomme puis il veut le tuer. Le plus rageant, c&rsquo;est qu&rsquo;il a \u00e9crit \u00e7a en 1966 \u00e0 32 ans. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas son premier essai.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;en sachant cela, maintenant vous ne verrez plus le chanteur avec le m\u00eame regard !<\/p>\n<p>A bient\u00f4t,<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La journ\u00e9e d&rsquo;hier a marqu\u00e9 le d\u00e9but de ma reprise d&rsquo;activit\u00e9 pour PAF. Une question de gestion des stocks pour les r\u00e9sidents \u00e0 long terme est pos\u00e9e sur le principe simple de : o\u00f9 et comment stocker le effets personnels des r\u00e9sidents lorsqu&rsquo;ils sont en d\u00e9placement (en tourn\u00e9e par exemple) ? 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