{"id":2415,"date":"2015-08-02T12:23:57","date_gmt":"2015-08-02T11:23:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sainthuitre.net\/wordpress\/?p=2415"},"modified":"2024-03-30T15:18:52","modified_gmt":"2024-03-30T14:18:52","slug":"feuilleton-de-lete-episode-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/2015\/08\/02\/feuilleton-de-lete-episode-7\/","title":{"rendered":"Feuilleton de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 &#8211; Episode 7"},"content":{"rendered":"<p>Je laisse derri\u00e8re moi le bureau d&rsquo;Albert et les cris inarticul\u00e9s m\u00eal\u00e9s aux objets bris\u00e9s (tant pis pour la porcelaine) et je me concentre sur mon enqu\u00eate. La concentration n&rsquo;est pas une sp\u00e9cialit\u00e9 locale. J&rsquo;essaie de r\u00e9unir les \u00e9l\u00e9ments dans ma t\u00eate : Emelyne, Suzanne, Albert, le porte-feuille rose, le ros\u00e9, l&rsquo;heure de l&rsquo;ap\u00e9ro, les gla\u00e7ons dans le frigo de la cuisine de Franz, le sandwich, la moussaka, la corbeille \u00e0 papier. Les papiers. Ouvrir le porte-feuille bien s\u00fbr !<\/p>\n<p>Mais pas n&rsquo;importe o\u00f9, je dois me trouver un coin tranquille et \u00e0 l&rsquo;abri des regards. Je sais : les toilettes. Les toilettes du second \u00e9tage en particulier, que personne ne veut utiliser parce qu&rsquo;ils sont loin de tout alors que ce sont les meilleurs WC de la r\u00e9sidence. Situ\u00e9s exactement au-dessus des WC du premier \u00e9tage, eux-m\u00eames positionn\u00e9s pr\u00e9cis\u00e9ment au-dessus des WC du rez-de-chauss\u00e9e, de sorte qu&rsquo;il est possible, si les trois WC sont occup\u00e9s, de se chier l&rsquo;un sur l&rsquo;autre en cascade !<\/p>\n<p>Un lieu aussi fascinant impose le respect et n\u00e9cessite un peu de pr\u00e9paration. Je passe par la loge, j&rsquo;enfile mes jeans les plus potables et une chemise en acrylique ray\u00e9e rouge sur blanc. Je grimpe les deux \u00e9tages quatre \u00e0 quatre, le porte-feuille dans la poche arri\u00e8re du pantalon et j&rsquo;arrive essouffl\u00e9 mais ravi devant la porte du petit coin. C&rsquo;est occup\u00e9.<\/p>\n<p>Je cogne \u00e0 la porte, camp\u00e9 sur mes positions. Interdiction de nuire \u00e0 mon moment d&rsquo;intimit\u00e9 tant esp\u00e9r\u00e9. J&rsquo;appelle : \u00ab\u00a0h\u00e9 ho, c&rsquo;est urgent. Vous avez pas bient\u00f4t fini ? Finish soon ?\u00a0\u00bb. Une voix rauque gronde en \u00e9cho depuis l&rsquo;int\u00e9rieur pour me signifier qu&rsquo;il y a d&rsquo;autres toilettes dans la r\u00e9sidence. Je prends une grande respiration, je fais quelques pas en arri\u00e8re pour jauger l&rsquo;\u00e9tat de la situation. Elle est dramatique. Je me sens flou\u00e9 et d\u00e9muni &#8211; environ quinze secondes &#8211; les yeux riv\u00e9s sur la porte. Aux grands maux, les grands rem\u00e8des. Je m&rsquo;appr\u00eate \u00e0 enfoncer la porte et \u00e0 envisager de sortir l&rsquo;impudent qui squatte mon jardin secret lorsque la porte s&rsquo;ouvre enfin laissant s&rsquo;\u00e9chapper des effluves malodorantes ainsi que le m\u00e9cr\u00e9ant qui en est \u00e0 l&rsquo;origine. Il s&rsquo;agit bien \u00e9videmment d&rsquo;un type que je ne connais pas, et qui ne se doute sans doute pas du tort qu&rsquo;il m&rsquo;a caus\u00e9. Aussi je d\u00e9cide de lui donner une seconde chance.<\/p>\n<p>Il me jette un regard de travers avant de s&rsquo;exiler vers des lieux plus cl\u00e9ments o\u00f9 il ne risque pas de croiser mon chemin de nouveau. Et il a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que ce soit le cas, cette fois. Qu&rsquo;importe l&rsquo;odeur de viande avari\u00e9e et d&rsquo;oeuf pourri, le temps de la reconqu\u00eate de mon espace d&rsquo;expression est venu.<\/p>\n<p>Confortablement assis sur la cuvette pr\u00e9chauff\u00e9e (il y a tout de m\u00eame du bon dans cette m\u00e9saventure), et non sans avoir pr\u00e9alablement tourn\u00e9 le verrou, j&rsquo;entreprends l&rsquo;exploration de la face nord du porte-feuille Hello Kitty d&rsquo;Emelyne.<\/p>\n<p>&#8211; une carte d&rsquo;identit\u00e9, confirmation qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien de son porte-feuille. A moins que quelqu&rsquo;un lui aurait vol\u00e9 sa carte, l&rsquo;aurait rang\u00e9 dans ses propres affaires et aurait eu l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;il serait peut-\u00eatre utile un jour de s&rsquo;en servir \u00e0 des fins peu recommandables ? Non. Au premier contr\u00f4le de police, le type se ferait d\u00e9masquer, c&rsquo;est s\u00fbr !<br \/>\n&#8211; De l&rsquo;argent : un billet de vingt euros, six euros trente en petite monnaie. C&rsquo;est pas perdu pour tout le monde et \u00e7a paiera mes honoraires de d\u00e9tective.<br \/>\n&#8211; Une photo d\u00e9chir\u00e9e sur laquelle je distingue clairement Emelyne et quelqu&rsquo;un de d\u00e9chir\u00e9.<br \/>\n&#8211; Des tickets de m\u00e9tro de plusieurs villes d&rsquo;Europe. Sans int\u00e9r\u00eat.<br \/>\n&#8211; Un petit papier pli\u00e9 en quatre avec l&rsquo;adresse de la r\u00e9sidence, un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone et un nom : SUZANNE.<br \/>\nD\u00e9cid\u00e9ment celle-l\u00e0 n&rsquo;a pas fini de tout me dire.<\/p>\n<p>Je me rel\u00e8ve aussi sec, convaincu d&rsquo;\u00eatre sur la bonne piste, la commission attendra plus tard. Je remonte et boutonne mes jeans d&rsquo;un air solennel et je d\u00e9verrouille la porte. Personne dans les parages. Il me faut un plan pour que Suzanne ne joue pas \u00e0 la belle aux bois dormant au bout de trente secondes. Direction la cuisine, je trouve Franz affair\u00e9 \u00e0 ses recettes \u00ab\u00a0un caf\u00e9 s&rsquo;il te pla\u00eet ! et que \u00e7a saute !\u00a0\u00bb, il me balance nonchalamment \u00ab\u00a0tu sais o\u00f9 se trouve la machine, R\u00e9gis\u00a0\u00bb. Effectivement, la machine est pr\u00e9cis\u00e9ment en face de moi. Je r\u00e9ponds tout de m\u00eame \u00e0 Franz \u00ab\u00a0tu as de la chance que je t&rsquo;aime bien, Franz. N&rsquo;oublie pas que tu me dois des frites. Des FRITES, Franz. Et de la mayonnaise.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ma strat\u00e9gie est la suivante : triple expresso sans sucre, sans verre d&rsquo;eau, sans sous-tasse, sans rien du tout. \u00ab\u00a0Tu vas r\u00e9veiller un mort avec \u00e7a\u00a0\u00bb me dit Franz avec son air tranquille. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pour Suzanne. Elle a besoin d&rsquo;un bon coup de fouet\u00a0\u00bb que je lui dit, \u00ab\u00a0et aussi d&rsquo;un caf\u00e9 serr\u00e9.\u00a0\u00bb Il s&rsquo;approche de moi, de toute sa hauteur et<br \/>\nde toute sa largeur aussi, comme une sorte de sumotori d\u00e9glingu\u00e9 et il me tend entre ses gros doigts poilus une petite fleur bleue. \u00ab\u00a0Mets-y la forme, R\u00e9gis. Suzanne aime les fleurs\u00a0\u00bb, qu&rsquo;il me dit avec un sourire de gagnant. Est-ce qu&rsquo;une fleur peut tenir \u00e9veill\u00e9e Suzanne ? Il me prend pour une quiche. J&rsquo;y mettrai bien une tarte. Mais \u00e7a ne se fait pas de gifler un sumo. J&rsquo;ai beaucoup de respect<br \/>\npour son surpoids et la dimension de ses biceps.<\/p>\n<p>Je mets la fleur dans un verre \u00e0 moutarde avec un fond d&rsquo;eau et la tasse de concentr\u00e9 de caf\u00e9ine sur un plateau en inox. Franz m&rsquo;interrompt et place une serviette brod\u00e9e \u00e0 motif floral entre les r\u00e9cipients et le plateau. \u00ab\u00a0Mets-y la forme, R\u00e9gis\u00a0\u00bb me r\u00e9p\u00e8te-t-il sur le m\u00eame ton. D&rsquo;accord, j&rsquo;admets. C&rsquo;est beaucoup plus joli avec la nappe \u00e0 plateau et le verre \u00e0 moutarde. \u00ab\u00a0T&rsquo;es un mec bien Franz. J&rsquo;appr\u00e9cierais que tu penses \u00e0 mes frites autant qu&rsquo;\u00e0 la pr\u00e9sentation du caf\u00e9 de Suzanne, si tu vois ce que je veux dire\u00a0\u00bb. Et il se marre tandis que je me dirige vers la chambre de Suzanne.<\/p>\n<p>Je toque \u00e0 sa porte comme le ferait un serveur ou un gar\u00e7on du service d&rsquo;\u00e9tages &#8211; enfin j&rsquo;imagine que ce genre de personnes est form\u00e9 \u00e0 grattouiller les portes de chambres sans effrayer les occupants, non ?\u00a0 J&rsquo;entends un g\u00e9missement, \u00ab\u00a0qui est l\u00e0?\u00a0\u00bb, je t\u00e2che de prendre un ton d\u00e9tach\u00e9 \u00ab\u00a0Service d&rsquo;\u00e9tage, madame\u00a0\u00bb. En l&rsquo;absence de r\u00e9ponse, je d\u00e9cide de rentrer en trombe.<br \/>\n&#8211; Salut Suzanne. Bien dormi ? Je t&rsquo;apporte un caf\u00e9, une fleur et une serviette. Tu as cinq minutes \u00e0 m&rsquo;accorder ?<br \/>\n&#8211; Je n&rsquo;ai pas demand\u00e9 de caf\u00e9, dit-elle en fron\u00e7ant les sourcils, du fin fond de son plumard.<br \/>\n&#8211; Ah bon ? Pourtant&#8230; FRANZ m&rsquo;a dit de t&rsquo;apporter un caf\u00e9. Il pense beaucoup \u00e0 toi et je crois bien qu&rsquo;il a le b\u00e9guin.<br \/>\n&#8211; Vraiment, tu crois ? qu&rsquo;elle dit en se redressant. Elle attrape mon caf\u00e9 et renifle la fleur.<br \/>\n&#8211; J&rsquo;en sais rien Suzanne. J&rsquo;en sais vraiment rien de vos histoires.<\/p>\n<p>Je reste plant\u00e9 l\u00e0, \u00e0 la regarder avaler la mixture \u00e9paisse et noire jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle finisse par me demander : \u00ab\u00a0il y a autre chose que tu dois me dire, R\u00e9gis ?\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211; J&rsquo;ai trouv\u00e9 ton nom et ton num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone dans le porte-feuille d&rsquo;Emelyne, dans le bureau d&rsquo;Albert, qui est maintenant tr\u00e8s occup\u00e9 \u00e0 discuter avec Emelyne, qui elle-m\u00eame a l&rsquo;air particuli\u00e8rement f\u00e2ch\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Oh mon dieu ! crie-t-elle, les yeux \u00e9carquill\u00e9s.<br \/>\n&#8211; Quoi, il est pas bon le caf\u00e9 ? C&rsquo;est pas moi, c&rsquo;est FRANZ. Maintenant, je voudrais que tu me dises tout ce que tu sais sur Emelyne.<br \/>\n&#8211; Oh mon dieu, oh mon dieu, r\u00e9p\u00e8te-t-elle, les mains malaxant sa t\u00eate d\u00e9coiff\u00e9e.<br \/>\n&#8211; Mais encore, Suzanne ?<br \/>\n&#8211; D&rsquo;accord, je vais t&rsquo;expliquer. Mais&#8230; tu dois comprendre, R\u00e9gis. Je voulais l&rsquo;aider. Je ne suis pas responsable pour ce qui s&rsquo;est produit ensuite.<br \/>\n&#8211; Et si on commen\u00e7ait par le d\u00e9but Suzanne, lui dis-je les bras crois\u00e9s debout au bord du lit \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un inspecteur de police v\u00e9reux dans un t\u00e9l\u00e9film allemand sur fond de musique instrumentale (percussions, xylophone, trompette).<\/p>\n<p>Suzanne d\u00e9balle tout, et \u00e7a dure au moins dix minutes. Elle me raconte comment elle a rencontr\u00e9 la premi\u00e8re fois Emelyne \u00e0 la gare routi\u00e8re de la ville voisine alors qu&rsquo;elle \u00e9tait en promenade. Emelyne lui avait expliqu\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e9tudiante, en vacances, qu&rsquo;elle remontait d&rsquo;Espagne o\u00f9 elle avait v\u00e9cu un idylle sexe-drogue-et-rock&rsquo;n&rsquo;roll de trois semaines avec un type qu&rsquo;elle avait rencotr\u00e9 l\u00e0-bas, avant de se faire plaquer par son amoureux, un con qui en avait bien profit\u00e9, et elle n&rsquo;avait plus tellement d&rsquo;argent, ni de batterie dans son t\u00e9l\u00e9phone pour remonter chez elle, en Belgique ou quelque chose comme \u00e7a. Elle faisait plus ou moins la manche, se sentait plus ou moins perdue et sa petite frimousse creus\u00e9e par la faim, la soif et la fatigue avait \u00e9mu Suzanne. Elle avait propos\u00e9 \u00e0 Emelyne de venir se reposer \u00e0 la r\u00e9sidence o\u00f9, pour s\u00fbr, elle serait bien re\u00e7ue par des gens charmants, mes fesses. Elle est arriv\u00e9e un soir tard et la premi\u00e8re personne qu&rsquo;elle a crois\u00e9 c&rsquo;est Etienne, \u00e9videmment, dans son atelier de sculpture de nichons \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la r\u00e9sidence. Il lui a propos\u00e9 de se mettre \u00e0 poil comme il fait avec tout ce qui est plut\u00f4t f\u00e9minin. Suzanne l&rsquo;a vu dans l&rsquo;atelier mais n&rsquo;a pas daigner interrompre l&rsquo;artiste. Et c&rsquo;est tout ce dont elle se souvient.<\/p>\n<p>&#8211; Est-ce que tu en avais parl\u00e9 \u00e0 Albert ? Je veux dire, du truc de l&rsquo;h\u00e9berger dans la r\u00e9sidence ?<br \/>\n&#8211; Non, je savais qu&rsquo;il ne serait pas favorable \u00e0 cette id\u00e9e. Mais j&rsquo;aurais pu la cacher dans ma chambre le temps de lui trouver un moyen de rentrer chez elle.<br \/>\n&#8211; Et alors ?<br \/>\n&#8211; Je suis all\u00e9e prendre un th\u00e9 avec Amanda dans le jardin. Et quand je suis retourn\u00e9e la chercher dans l&rsquo;atelier d&rsquo;Etienne, la lumi\u00e8re \u00e9tait \u00e9teinte. Ils n&rsquo;\u00e9taient plus l\u00e0. Je l&rsquo;ai cherch\u00e9 un peu partout sans en parler \u00e0 personne. Et puis&#8230; ce n&rsquo;est que trois jours plus tard que j&rsquo;ai appris qu&rsquo;on l&rsquo;avait retrouv\u00e9 morte dans la chambre froide.<\/p>\n<p>Suzanne a commenc\u00e9 \u00e0 trembler de partout et \u00e0 grincer des dents. L&rsquo;histoire m&rsquo;a sembl\u00e9 cr\u00e9dible, m\u00eame si la fin est assez confuse et triste. Je l&rsquo;ai laiss\u00e9 \u00e0 ses probl\u00e8mes de t\u00e9tanie pour reprendre mon interrogatoire avec Etienne le pervers. Emelyne m&rsquo;attendait \u00e0 la porte de la chambre de Suzanne. Ses grands yeux noirs m&rsquo;ont transperc\u00e9. Je crois bien qu&rsquo;elle est morte, pour de bon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je laisse derri\u00e8re moi le bureau d&rsquo;Albert et les cris inarticul\u00e9s m\u00eal\u00e9s aux objets bris\u00e9s (tant pis pour la porcelaine) et je me concentre sur mon enqu\u00eate. La concentration n&rsquo;est pas une sp\u00e9cialit\u00e9 locale. 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