{"id":643,"date":"2009-10-11T19:11:52","date_gmt":"2009-10-11T17:11:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sainthuitre.net\/wordpress\/?p=643"},"modified":"2024-03-30T15:20:23","modified_gmt":"2024-03-30T14:20:23","slug":"sinon-dimanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/2009\/10\/11\/sinon-dimanche\/","title":{"rendered":"Sinon dimanche"},"content":{"rendered":"<p>Il y a quelque chose de bris\u00e9 dans ma t\u00eate qui&#8230;<br \/>\nL&rsquo;automne est ma saison pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, je crois.<br \/>\nLa terre qu&rsquo;on retourne, et ce vent encore chaud de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui s&rsquo;en va<br \/>\ncela me rappelle l&rsquo;enfance, et quelques bons souvenirs qui s&rsquo;effacent peu \u00e0 peu.<br \/>\nLes rats. La pluie. Le vent. Le froid. La nuit, t\u00f4t.<br \/>\nPuis encore plus t\u00f4t. Et encore. Et..<\/p>\n<p>Ce parfum me revient parfois la nuit.<br \/>\nJe ne sais pas le d\u00e9finir, mais je le reconnais. Les mots pour le d\u00e9crire m&rsquo;\u00e9chappent.<br \/>\nCe parfum me p\u00e9n\u00e8tre et m&rsquo;abime. Il me ram\u00e8ne \u00e0 un unique souvenir.<br \/>\nL&rsquo;automne \u00e9l\u00e8ve ce parfum, parfois, des rues commer\u00e7antes. Je m&rsquo;en \u00e9carte.<br \/>\nEt les nuits sont peupl\u00e9es de monstres hideux imbib\u00e9s d&rsquo;alcool et de fum\u00e9e<br \/>\nqui me prot\u00e8gent tout autant que je les supporte dans une osmose semblable \u00e0 la mort.<br \/>\nOu bien, \u00e0 l&rsquo;angoisse du voyage. M\u00e9tempsycose.<\/p>\n<p>Je ressens cette incertitude du choix de ne pas \u00eatre all\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 peut-\u00eatre tout se serait termin\u00e9.<br \/>\nJe per\u00e7ois la honte d&rsquo;avoir \u00e9chou\u00e9 et d&rsquo;\u00eatre reparti.<br \/>\nJe voudrais avoir eu le temps de la r\u00e9flexion et dix ans de plus, un instant seulement, pour voir venir.<\/p>\n<p>Je suis le ph\u00e9nom\u00e8ne de frustration relatif \u00e0 l&rsquo;immersion dans la sph\u00e8re <em>ultra<\/em>-sociale d&rsquo;un individu lambda ni trop bon, ni trop con, perch\u00e9 depuis deux d\u00e9cennies dans la sph\u00e8re bourgeoise.<\/p>\n<p>Rong\u00e9 par ce souvenir d&rsquo;une course vers l&rsquo;id\u00e9al, interrompue par erreur, et stopp\u00e9e par n\u00e9cessit\u00e9 de me raccrocher \u00e0 des liens humains que je dois \u00e0 ma culture et \u00e0 mon \u00e9ducation religieuse, le monde que j&rsquo;observe est sale, sans saveur et sans teint. Ma vie, certes, aurait pu s&rsquo;\u00e9teindre dans une seringue, un soir d&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans la Somme, apr\u00e8s beaucoup de larmes et de rires et d&rsquo;extase et de terreur et d&rsquo;angoisse et de manque et de pl\u00e9nitude. Et aujourd&rsquo;hui je marche sur des sillons \u00e9troits, rugueux et droits. Victime et complice de ce que je suis devenu, finalement un adulte complet. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9volution fut laborieuse. Elle n&rsquo;est jamais r\u00e9ellement termin\u00e9e. Il y a des jours d&rsquo;octobre durant lesquels j&rsquo;attends la nuit nerveusement, comme un signal de d\u00e9tresse, un appel aux secours &#8211; qui finissent toujours par arriver. <\/p>\n<p>Et quand tout arrive alors je m&rsquo;endors dans un tr\u00e8s long rire d&rsquo;agonie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a quelque chose de bris\u00e9 dans ma t\u00eate qui&#8230; L&rsquo;automne est ma saison pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, je crois. La terre qu&rsquo;on retourne, et ce vent encore chaud de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui s&rsquo;en va cela me rappelle l&rsquo;enfance, et quelques bons souvenirs qui s&rsquo;effacent peu \u00e0 peu. Les rats. La pluie. Le vent. Le froid. La nuit, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"footnotes":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false},"version":2}},"categories":[11],"tags":[],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7FZF0-an","jetpack-related-posts":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/643"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=643"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/643\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3282,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/643\/revisions\/3282"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=643"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=643"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.sainthuitre.net\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=643"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}