Quand tu pleures, la nuit je reste là
je suis tout à côté, tu le sais j’en suis sûr
tu me sens, je t’entends.
A boire comme un fou l’haleine qui s’écoule
dans ton cou, je m’enroule autour de ton bras
personne ne nous voit, n’aie pas peur de moi.
Biensûr je grogne, et biensûr tu gémis
n’aie pas peur de mes sentiments
je ne volerai à ta bouche que l’haleine
gardant pour mes rêveries les ébats tortueux.
Il y aura du sang, un peu partout
n’aie pas peur de me reprocher cette odeur âpre
qui se dégage de mes larmes
quand à mon tour je pleurerai
quand à ton tour, comme un fou tu boiras
l’haleine qui s’écoule d’une autre bouche.
Je serai là, tapis dans l’ombre
informe et éthéré comme l’air
je m’impreignerai de ton haleine
et tu entendras un grognement sourd venu d’on ne sait où.
Il y aura des drames et des joies bien encore après
que tout soit fini, longtemps après que mes larmes auront séché
sur ce cadavre de chair et de verre.
Tu pleureras parcequ’il manquera dans tes souvenirs une image
cette image qui rôde, s’érode lentement
au beau milieu de tes pensées.
De tes soupirs naitront des mélopées inaudibles.
Elles s’estomperont avec le temps
transposées en nuées
venant transpercer comme autrefois
la chair tendre de mes bras.
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