Variations au-dessus de l’abîme III 03032006

Tu as beau te casser la tête
dans des démarches casse-gueule

dévalant les escaliers du purgatoire

l’abîme est toujours plus bas

Travesti pour l’occasion

tu te rompts, te trompes toujours

et tout le temps que tu passes

à repasser les films de ta jeunesse

tu te dis « mais qu’est ce qui s’est passé ? »

qui suis-je devenu, j’ai raté un épisode.

Régulièrement tu ressurgis de l’ombre

un pan de mur d’escalade infranchi

une corde qui a cédé pendant le saut dans le vide.

Tu as beau l’admirer ta belle gueule dans le miroir

Elle n’en finit pas de se froisser dans le flux et reflux des alcools

qui ne cessent de s’introduire en toi plus qu’ils n’en sortent

Le signal d’alarme, mais tout le monde s’en fout

tu es tout seul dans le train, et les rails ne sont plus posées

là où tu roules, c’est un grand désert où chacun trace sa route

jusqu’à la prochaine oasis les muses les cieux les rires.

Il y avait bien ce corbeau qui me regardait de travers

cet autre soir de divagations noctambules

divines errances sereines mais aussi stériles

ce corbeau qui suivait mon pas hésitant, perplexe.

‘Qu’est-ce tu fais là gamin, t’as perdu ta mère ?’

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